Août rougeoie – lieux et dialogues de l’été

Lieux et dialogues de l’été – mise en garde

Comme on l’a vu plus haut, août rougeoie et sera le théâtre des lieux et dialogues de l’été.

Ce qui relie ces dialogues et ces lieux, donc ces textes – un texte publié chaque jour –, c’est août. Le lecteur se souvient sans doute – pour la lectrice on n’a aucun doute, elle se souvient de tout – que ce feuilleton embrasse une grande quantité d’espace et de temps; en lisant ces textes – un texte publié chaque jour –, il faudra donc bien garder à l’esprit que le mois d’août est le lien, sans quoi on sera perdu et on se posera des questions du genre: pourquoi retourne-t-on sur l’alpage jurassien? pourquoi Mathilde raconte-t-elle ce feu d’artifice? et caetera…
A part cela – ce mois d’août qui sera un lien rouge –, il apparaîtra bien vite au lecteur averti que bien d’autres choses  encore relient ces textes, ce n’est pas la lectrice qui se souvient de tout qui dira le contraire.

Sur ce, la rédaction vous souhaite un excellent mois d’août (à n’orthographier en aucun cas moi doute, ou mois doute) !

P.S.
Gaspard souhaite dire à la lectrice avertie qu’il l’embrasse, où qu’elle soit.

Plus que 365 jours… (153/365)

Août rougeoie – I

[journal du marcheur – extrait]

Dans mes souvenirs d’enfance, août est toujours rouge, du début à la fin.

Ça commençait par un lever précoce au son des cuivres qui jouaient à l’aube. Je sautais de mon lit pour voir le rougeoiement matinal et écouter l’aubade depuis la fenêtre – dans mes souvenirs d’enfance, il fait toujours beau le 1er août. Ensuite, c’était le petit pain au sucre – doré et blanc – avec un drapeau miniature en papier – rouge et blanc – planté dedans. Puis une journée normale avant une sorte d’inalpe dans les Préalpes, les familles cousines qui convergeaient vers le chalet de la tante et de l’oncle dans les montagnes aux Dents Vertes – pourtant l’oncle était dentiste. En montant de la plaine, on comptait les drapeaux, fédéral et cantonaux. Au chalet, on partageait le pique-nique – une sorte de repas canadien sur fond de crêtes et d’alpages – dont le dessert était invariablement constitué de tartes rondes au diamètre impressionnant achetées chez un boulanger du village. Tartes rouges, tartes orange: cerises, abricots. Puis le cortège, les chants et les lampions avec les enfants du quartier – le village était assez grand pour avoir des quartiers, comme les tartes étaient assez grandes pour que chacun, nous étions presque soixante, ait une tranche de chaque couleur, de délicieux triangles isocèles pointus comme les pyramides d’Euseigne – Alpes, Préalpes. Après le dessert partagé en quartiers et le cortège partagé dans le quartier, il y avaient les feux: allumettes de Bengale, vésuves, fusées et les fameux soleils de Giuseppe, celui qui s’est tué au rouge et au tabac. Puis nous regagnions la plaine en comptant les feux là-haut sur les montagnes et les fusées retardataires.
Août commençait par les notes harmonieuses de la fête du rouge, août était le mois le plus chaud des vacances et août se terminait par les notes pas toujours harmonieuses inscrites dans nos carnets journaliers, en rouge.

Oui, août rougeoie.